Quelques bribes d'actualités récentes : "Fabius juge que les propos de Georges Frêche étaient évidemment antisémites" ; "Philippe Lavaud, maire d'Angoulême, compare une certaine jeunesse dorée de l'UMP aux jeunesses hitlériennes" ; Mamadou Sakho, joueur au PSG, insulte et gifle un journaliste du Parisien ; Daniel Cohn Bendit lance un "Ta gueule !" en pleine assemblée du Parlement européen, à l'encontre de Martin Schulz, Président du parti socialiste européen. Ce dernier exemple étant par ailleurs significatif dans la mesure ou la brillante harangue du député écologiste à l'encontre du consensus mou et improductif de la Commission est ainsi occultée par l'injure qui devient pour la toile et les médias l'information la plus importante à la une des journaux.
Nous sommes immergés quasi quotidiennement dans ces transgressions verbales ou comportementales, aussitôt mises en scène avec jubilation et frénésie par la Toile et les médias. Ces nouveaux jeux du cirque sont donnés en pâture à l'opinion. Les auteurs de ces expressions émergent ainsi du magma informationnel et de l'entropie collective. Cette symbolique de la transgression tend, en fait, à devenir un nouveau conformisme en se répétant à l'envi.
Le danger vient de ce qu'ils impactent le plus grand nombre sur un espace qui est, par essence, facilement manipulatoire : celui de l'émotion et de l'immédiateté qui se vit à travers le ressenti et le juger en surface plutôt qu'à travers le réfléchi et le comprendre en profondeur. Cet orgasme émotionnel permanent auquel on nous invite nous impressionne et "s'impressionne" en nous de façon insidieuse et manipulatoire. L'expérience me démontre chaque jour que cette mécanique appelle à la plus grande vigilance dans les situations de crise.
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