« Grippe H1N1 On se trompe de polémique | Accueil | Séisme d'Haïti : quand une catastrophe nous interpelle sur la représentation qu’elle produit »

10/01/2010

Commentaires

Flux Vous pouvez suivre cette conversation en vous abonnant au flux des commentaires de cette note.

Parfum

Notre incapacité à admettre la faillibilité chez nos dirigeants, à voir du machiavélisme ou de l'incompétence dans ce qui n'est finalement qu'une faiblesse humaine, est le témoignage de l'immaturité politique de notre société. Une immaturité qui nous coûte fort cher, puisqu'elle ne permet plus aux décideurs politiques de prendre des mesures en fonction d'une analyse rationnelle des situations. A l'heure de la démocratie d'opinion, il n'y a plus de place pour les têtes froides .

Jean-Pierre GALLEN

Faut-il privilégier l’aspect rationnel/réel des situations ? Même si l’on passe au concept de risque psychosociologique majeur, qui représente un effort pour remonter d’un cran la recherche des réponses adaptées, on reste, semble-t-il, dans le champ du réel/rationnel. La question de savoir qui définit le risque acceptable modifie-t-elle sensiblement l’approche ?

Revenons au rôle du politique. Il se déploie sur les 3 champs du réel, de l’imaginaire et du symbolique. Le talent majeur du politique consiste certainement à gérer le champ du symbolique, sans ignorer l’imaginaire ni le réel. Un exemple : F Mitterrand et H Kohl se tenant la main à Auschwitz. Ou bien, sur un mode mineur, le Général de Gaulle invitant (fait unique !) K Adenauer dans sa propre demeure à Colombey. Un contrexemple : N Sarkozy fêtant sa victoire au Fouquet’s puis sur le yacht d’un riche homme d’affaires…

Nos sociétés sont devenues extrêmement complexes et à peu près illisibles, incompréhensibles pour le citoyen de base: d’une part elles répondent à des régulations elles-mêmes complexes. D’autre part, elles « abritent » des objets technologiques devenus incompréhensibles au commun des mortels. Symboliquement, on pourra retenir les mésaventures que chacun a pu vivre avec les opérateurs de téléphones mobiles, ou le nuage de Tchernobyl…

Si le citoyen n’est en mesure de comprendre, de maîtriser, ni le fonctionnement global de la société où il vit (c'est-à-dire le monde global, compte-tenu de l’information immédiate et omniprésente), ni les processus qui le touchent directement (comme les relations avec l’opérateur de téléphone), la porte est grande ouverte à la pensée magique. Je prends le monde tel qu’il est, ou plus précisément tel que je le perçois visuellement. Je lui applique des « raisonnements » simples de type cause  effet. Je rêve d’un monde simplifié, compréhensible, quitte à m’appuyer sur des fonctionnements ou des êtres imaginaires. Cela me « rassure », me « ré-assure ».

Face à la présence de plus en plus répandue de la pensée magique, dans toutes les strates de la société, indépendamment du niveau culturel et même du niveau de connaissance scientifique des personnes, le politique ne peut jouer son rôle classique de ré-assureur que s’il réinvestit le champ symbolique. Essayer de répondre à l’anxiété croissante en argumentant dans le réel/rationnel ou, pire, en « sermonnant » le citoyen inquiet va directement à l’encontre du but visé.

L'utilisation des commentaires est désactivée pour cette note.

avril 2013

lun. mar. mer. jeu. ven. sam. dim.
1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
29 30          
IGRC
L'Institut de Gestion des Risques et des Crises
► www.igrc-institut.com

JUSTICE AU SINGULIER
Le Blog de Philippe Bilger
► www.philippebilger.com